1- Vous êtes plutôt
a) un homme
b) une femme (c'était donc vous! Vous êtes ultra-minoritaire!)
2- Vous vous définiriez plutôt comme un tintinophile...
a) collectionneur
b) intellectuel
3- Si vous avez coché a) collectionneur, avez vous de grosses ressources pour assouvir votre passion, sachant que les produits dérivés et les originaux d'Hergé ne sont pas donnés?
a) Hélas non, il est loin le temps où on pouvait collectionner du Tintin sur les pots de moutarde. Heureusement que Spielberg a vendu les droits dérivés à MacDo et Carrefour plutôt qu'à Fauchon et la Tour d'Argent.
b) Oui, payer un T-Shirt estampillé Tintin 25 euros (le prix dans les Tintin Shop) ne me pose pas de problème.
4- Si vous avez coché b), combien de livres sur Tintin ont été écrits?
a) "Plus que sur tous les autres auteurs de BD" comme le dit Benoît Peeters, un des grands spécialistes de la Tintinophilie.
b) Environ 2 rayonnages de votre bibliothèque
c) Ca dépend. Approuvés par Moulinsart, ou sortis en loucedé sans avoir le droit aux illustrations des albums pour illustrer le propos?
5- Le film de Spielberg, vous avez décroché...
a) Dès le début: mais quel horreur ce nez de Haddock! Cette érudition superfétatoire de Tintin! Ce geste dédaigneux de Tintin qui jette des piécettes à Hergé sur le Vieux-Marché, comme si Spielberg s'affranchissait du poids de Moulinsart en rappelant qu'il a payé pour adapter (cette thèse est de Jean-Marie Apostolidès, lors d'une conférence au Centre Pompidou).
b) Vers 1h10 du film, autrement dit, avant le tunnel de bagarres/poursuites/explosions
c) Vous êtes resté jusqu'au bout et vous avez applaudi
d) De quel film parlez-vous?
6- Le fait que le jeune public va considérer que le vrai Tintin est celui du film et va trouver les albums d'Hergé mal dessinés...
a) Ca vous désole. Il ne faudrait pas oublier qui a inspiré qui. Et que la meilleure adaptation de Tintin restera toujours "L'Homme de Rio", une adaptation déguisée, mais très fidèle.
b) Vous êtes fataliste. Le plus important, c'est que Tintin reprenne pied dans la nouvelle génération biberonnée à Titeuf.
c) Vos enfants ont interdiction de voir le film tant qu'ils ne savent pas réciter par coeur les dialogues du Secret de la Licorne.
7- Le musée Hergé...
a) est un mausolée où la moyenne d'âge n'a rien à envier à celle de la messe du dimanche. "Il paraît qu'ils louent des enfants le mercredi" a ironisé le professeur à Stanford et tintinologue Jean-Marie Apostolidès au cours d'une conférence du Centre Pompidou.
b) est un superbe écrin mettant en valeur l'oeuvre d'Hergé
c) aurait dû être construit à Bruxelles comme c'était initialement prévu. Vous me voyez faire le déplacement jusqu'à Louvain-la-Neuve?
Question bonus : le tintinophile Benoît Peeters ressemble de façon frappante à...
a) Roger Federer dans quelques années
b) Fantômas
c) Tintin, mais sans la houppette
Solutions
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout. Vous êtes un lecteur appliqué.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout et il vous est arrivé de sourire. Vous êtes un tintinophile qui a le sens de l'humour. Vous n'êtes sans doute pas Nick Rodwell.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout et vous avez appris qu'un film "Tintin" était à l'affiche ces jours-ci. Vous vivez probablement reclus dans une grotte ou un monastère.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout en grommelant dans votre barbe. Vous ne seriez pas anglais, la soixantaine, et ayant épousé Fanny R. ?
Vous avez eu bon à la question bonus dont la réponse est Roger Federer. Soit vous avez utilisé Google, et je ne vous salue pas, soit vous connaissiez la réponse, et vous pouvez être assuré de ma reconnaissance éternelle.
Affichage des articles dont le libellé est steven spielberg. Afficher tous les articles
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jeudi 3 novembre 2011
samedi 29 octobre 2011
Un ayatollah de la franco-belge juge le film "Tintin"
C'est toujours risqué de se faire une montagne d'un film qu'on attend. Voilà plusieurs mois que je bouillais d'impatience de voir ce "Tintin" porté sur grand écran. Je n'ai pas vu "Les Oranges Bleues" et "La Toison d'or", découragé par les mauvaises critiques qui décrivent ces films comme datés et mous. Ma référence dans ce domaine, ce sont plutôt les dessins animés Ellipse-Nelvana du début des années 90. Critiqués pour leur animation un peu cheap (toujours moins cheap que Goldorak et autres Ken le Survivant, avec leur 5 images par seconde), ces dessins animés ont marqué mon imagination. Pour moi, l'acteur qui prête sa voix à Tintin A la voix de Tintin. Idem pour Haddock. Je ne serai donc pas cet enfant qui a fait remarqué un jour à Hergé, suite à la sortie d'un dessin animé, que le Capitaine Haddock n'avait pas la même voix que dans la BD!
Le Grand Rex, la séance de 22h. Du monde. Des fans. Comme moi.
Bonne impression d'entrée. Le générique fait penser à celui d'"Attrape-moi si tu peux", un des meilleurs Spielberg des années 2000. J'apprécie beaucoup le clin d'oeil à Hergé, croqué en portraitiste du Vieux Marché de Bruxelles, qui tire le portrait à Tintin. Un hommage beaucoup plus discret que dans le film" Les Schtroumpfs" où les scénaristes enfilent leur gros sabot pour vanter l'oeuvre de Peyo. Il ne manquait qu'un bandeau : "en vente dans toutes les bonnes librairies" en bas de l'écran. Coup de coeur pour le brocanteur qui vend la Licorne à Tintin, et son faux air de Spielberg. L'animation est bluffante. Je ne sais pas si c'est l'écran du Grand Rex qui donne cette impression, mais on dirait que chaque poil de Milou est animé.
Le film souffre à la fois d'un trop grand respect à l'oeuvre originale et aux libertés qu'il prend ensuite. Les premières 20 minutes, où Tintin enquête tout seul après le cambriolage de son appartement et ensuite le vol de son exemplaire de la Licorne souffrent du fait que Tintin est seul avec Milou: ça soliloque beaucoup ! Ce qui passe bien en BD souffre de la transposition sur grand écran, d'autant plus que Milou n'apporte pas la réplique (alors que Jolly Jumper, dans le récent Lucky Luke avec Jean Dujardin, avait un regard décalé sur l'action très fidèle à la BD de Morris).
Les changements apportés dans le scénario pour la plus grand compréhension du spectateur américain (ou l'Européen qui, chose improbable, n'aurait jamais ouvert un album de Tintin de sa vie) ne m'ont pas trop dérangé. De bonnes trouvailles même, avec cette Bianca Castafiore comme arme secrète, la scène des Dupondt chez Filoselle, le gag du dortoir du Karaboudjan... Des initiatives très "tintino-compatibles" comme ces courses-poursuites à répétition. Relisez les premiers albums de Tintin, surtout dans leur version d'avant-guerre, pour saisir le sens du découpage d'Hergé et son côté échevelé et burlesque. Le procédé de tournage (la fameuse motion capture) leur donne un côté jeu vidéo, c'est vrai, mais visuellement, c'est quand même bluffant.
J'ai quand même un regret. Certes, je savais que le film était un condensé du Secret de la Licorne et du Trésor de Rackham le Rouge mâtiné d'un peu de Crabes aux Pinces d'Or. Mais sacrifier à ce point l'aventure maritime du second volet du diptyque de chasse au trésor (gros pincement au coeur: c'est mon album préféré), avec le professeur Tournesol, son sous-marin requin, l'île où s'est échoué le chevallier de Hadoque... A la fin du film, Tintin et Haddock découvrent une petite partie du trésor dans la statue de Saint-Jean, et une carte qui les mène vers un autre trésor. Or, c'est la fin du diptyque d'Hergé! Et la suite ne contiendra que quelques fractions du Trésor de Rackham le Rouge, pour introduire Tournesol dans Les Sept Boules de Cristal/ Le Temple du Soleil.
Du côté des personnages, on sent une volonté de respecter les héros d'Hergé tout en promettant un "Indiana Jones for kids". Et Tintin a un tout petit peu trop ce côté Indiana Jones à deux reprises. Beaucoup de gens ont tiqué sur son érudition quand il achète la Licorne, affirmant au brocanteur qu'elle date du XVIIe siècle. Mais c'est surtout quand, derrière l'épave de leur barque, Tintin tente d'abattre l'hydravion qui les canarde que ça m'a choqué. Sa réplique: "Capitaine, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Mauvaise nouvelle, il ne nous reste plus qu'une balle. Bonne nouvelle: il nous reste une balle". Et Tintin brandit son revolver, tire, et touche le réservoir de l'avion. Cette réplique ne vous a-t-elle pas fait penser à Indiana Jones et la Dernière Croisade qui abat un avion dans des circonstances similaires?
L'ayatollah de la franco-belge que je suis (encore que je me soigne, j'ai révisé mon jugement sur Gastoon, le neveu de Gaston ressuscité opportunément) a quand même beaucoup aimé le film. Pas au point de l'applaudir comme pas mal de monde dans la salle. Mais le respect de l'oeuvre est globalement là et surtout, surtout, surtout ce film a contenté l'amoureux de Tintin que je suis. C'est une variation sur l'oeuvre, pas une transposition trop appliquée. L'esprit y est respecté plus que la lettre, et c'est sans doute mieux ainsi.
PS : Ca ne peut pas être pire que la récente adaptation des Trois Mousquetaires, de toute façon...
PS 2: à voir, l'interview du doubleur de Tintin par Cloneweb!
Le Grand Rex, la séance de 22h. Du monde. Des fans. Comme moi.
Bonne impression d'entrée. Le générique fait penser à celui d'"Attrape-moi si tu peux", un des meilleurs Spielberg des années 2000. J'apprécie beaucoup le clin d'oeil à Hergé, croqué en portraitiste du Vieux Marché de Bruxelles, qui tire le portrait à Tintin. Un hommage beaucoup plus discret que dans le film" Les Schtroumpfs" où les scénaristes enfilent leur gros sabot pour vanter l'oeuvre de Peyo. Il ne manquait qu'un bandeau : "en vente dans toutes les bonnes librairies" en bas de l'écran. Coup de coeur pour le brocanteur qui vend la Licorne à Tintin, et son faux air de Spielberg. L'animation est bluffante. Je ne sais pas si c'est l'écran du Grand Rex qui donne cette impression, mais on dirait que chaque poil de Milou est animé.
Le film souffre à la fois d'un trop grand respect à l'oeuvre originale et aux libertés qu'il prend ensuite. Les premières 20 minutes, où Tintin enquête tout seul après le cambriolage de son appartement et ensuite le vol de son exemplaire de la Licorne souffrent du fait que Tintin est seul avec Milou: ça soliloque beaucoup ! Ce qui passe bien en BD souffre de la transposition sur grand écran, d'autant plus que Milou n'apporte pas la réplique (alors que Jolly Jumper, dans le récent Lucky Luke avec Jean Dujardin, avait un regard décalé sur l'action très fidèle à la BD de Morris).
Les changements apportés dans le scénario pour la plus grand compréhension du spectateur américain (ou l'Européen qui, chose improbable, n'aurait jamais ouvert un album de Tintin de sa vie) ne m'ont pas trop dérangé. De bonnes trouvailles même, avec cette Bianca Castafiore comme arme secrète, la scène des Dupondt chez Filoselle, le gag du dortoir du Karaboudjan... Des initiatives très "tintino-compatibles" comme ces courses-poursuites à répétition. Relisez les premiers albums de Tintin, surtout dans leur version d'avant-guerre, pour saisir le sens du découpage d'Hergé et son côté échevelé et burlesque. Le procédé de tournage (la fameuse motion capture) leur donne un côté jeu vidéo, c'est vrai, mais visuellement, c'est quand même bluffant.
J'ai quand même un regret. Certes, je savais que le film était un condensé du Secret de la Licorne et du Trésor de Rackham le Rouge mâtiné d'un peu de Crabes aux Pinces d'Or. Mais sacrifier à ce point l'aventure maritime du second volet du diptyque de chasse au trésor (gros pincement au coeur: c'est mon album préféré), avec le professeur Tournesol, son sous-marin requin, l'île où s'est échoué le chevallier de Hadoque... A la fin du film, Tintin et Haddock découvrent une petite partie du trésor dans la statue de Saint-Jean, et une carte qui les mène vers un autre trésor. Or, c'est la fin du diptyque d'Hergé! Et la suite ne contiendra que quelques fractions du Trésor de Rackham le Rouge, pour introduire Tournesol dans Les Sept Boules de Cristal/ Le Temple du Soleil.
Du côté des personnages, on sent une volonté de respecter les héros d'Hergé tout en promettant un "Indiana Jones for kids". Et Tintin a un tout petit peu trop ce côté Indiana Jones à deux reprises. Beaucoup de gens ont tiqué sur son érudition quand il achète la Licorne, affirmant au brocanteur qu'elle date du XVIIe siècle. Mais c'est surtout quand, derrière l'épave de leur barque, Tintin tente d'abattre l'hydravion qui les canarde que ça m'a choqué. Sa réplique: "Capitaine, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Mauvaise nouvelle, il ne nous reste plus qu'une balle. Bonne nouvelle: il nous reste une balle". Et Tintin brandit son revolver, tire, et touche le réservoir de l'avion. Cette réplique ne vous a-t-elle pas fait penser à Indiana Jones et la Dernière Croisade qui abat un avion dans des circonstances similaires?
L'ayatollah de la franco-belge que je suis (encore que je me soigne, j'ai révisé mon jugement sur Gastoon, le neveu de Gaston ressuscité opportunément) a quand même beaucoup aimé le film. Pas au point de l'applaudir comme pas mal de monde dans la salle. Mais le respect de l'oeuvre est globalement là et surtout, surtout, surtout ce film a contenté l'amoureux de Tintin que je suis. C'est une variation sur l'oeuvre, pas une transposition trop appliquée. L'esprit y est respecté plus que la lettre, et c'est sans doute mieux ainsi.
PS : Ca ne peut pas être pire que la récente adaptation des Trois Mousquetaires, de toute façon...
PS 2: à voir, l'interview du doubleur de Tintin par Cloneweb!
mardi 17 mai 2011
Tintin au cinéma: un nouvel espoir
Après avoir vu la bande annonce du dernier Tintin, vous avez peut-être poussé comme moi un soupir de soulagement. Non seulement, les quelques images qu'on voit ne déshonorent en rien l'oeuvre d'Hergé, mais elles font plutôt taire les critiques suscitées par les quelques photos diffusées en décembre dans le magazine Empire.
Il existe aussi une 2ème version avec un demi-plan en rab par ci par là.
Les Aventures de Tintin Le Secret de la Licorne... par cloneweb
Sur ce qu'on a vu, en dehors de mouvements un peu empruntés des personnages (ce qui ne changera pas trop de l'animation un peu vieillotte des dessins animés qui ont bercé mon enfance), ça fait plutôt envie. Ca ressemble vraiment à de la BD filmée, ni film, ni film d'animation hyper chiadé façon Kung Fu Panda. Ca n'a pas l'air d'un produit calibré pour les enfants (note: quand dans une critique vous lisez qu'un film a "beaucoup plu aux enfants" fuyez).
Seul petit regret, la bouille de Tintin. Mais est-ce que j'aurais pu être satisfait par n'importe quel autre visage? Je n'en suis pas sûr du tout. Et quitte à transformer le reporter à la houppette en visage du quotidien, celui-là en vaut un autre. Peter Jackson avait prévenu, dans Empire en décembre: "avec la méthode d'animation utilisée, vous allez avoir des acteurs qui vont prétendre incarner Tintin et le Capitaine Haddock, pas coller au dessin d'Hergé. Cela va être quelque chose de complètement différent".

Le compliment que je vais faire à ces quelques secondes exprime tous les regrets engendrés par la genèse du projet: on dirait du Indiana Jones.

C'est en voyant Les aventuriers de l'arche perdue qu'Hergé, malade, avait décidé que ce serait à Spielberg qu'il confierait Tintin, et à personne d'autre. L'affaire a failli se faire dans les années 80, mais la mort d'Hergé en 83 et le flou artistique autour de sa succession (lire l'excellent ouvrage Tintin et les héritiers, d'Hugues Dayez à ce sujet) ont durablement retardé le projet. Spielberg refusa 6 projets d'adaptation vers 1985-6, Polanski, un temps intéressé, ne donna pas suite... Cette histoire de rendez-vous manqués a failli contribuer à muséifer totalement Tintin (voir le très bon article de Des bulles carrées sur la muséification de certains totems de la BD franco-belge).
Les commentaires qui valaient à l'époque nous laissent plein d'espoir pour la fin de l'année. "J'ai senti chez Spielberg un intérêt réel pour Tintin, et une volonté de créer quelque chose de joyeux avec du punch en essayant le plus possible de respecter les albums" expliquait à la fin des années 90 Alain Baran, ancien gestionnaire de Moulinsart dans les années 80.
Seul bémol: ça sort en 3D, ce qui n'était pas franchement nécessaire, vu le rendu plutôt sympathique des premières images. D'autant plus que la 3D ternit les couleurs, bien vives comme dans la BD originales sur ce qu'on a pu voir. Comme on dit maintenant, il sera aussi projeté en 2D "dans certaines salles".
Comme beaucoup de fans, j'irai voir le film dès sa sortie en salles. Avec, en arrière-pensée, l'idée de comparer Secret of the Unicorn à la version qu'aurait pu en faire Walt Disney s'il avait accepté la proposition de collaboration d'Hergé dans les années 50...
Pour en (sa)voir plus
- des captures haute définition sur Clone Web
- l'analyse détaillée de ce qu'on voit dans la bande-annonce sur Bulle Onomatopée (notamment la Licorne qui s'échoue dans le désert, sans doute une hallucination...)
- si on avait laissé faire Spielberg en 1982, le Capitaine Haddock aurait été joué par Jack Nicholson (c'est dans Tintin et les Héritiers). Finalement, on a eu droit à ça:
Il existe aussi une 2ème version avec un demi-plan en rab par ci par là.
Les Aventures de Tintin Le Secret de la Licorne... par cloneweb
Sur ce qu'on a vu, en dehors de mouvements un peu empruntés des personnages (ce qui ne changera pas trop de l'animation un peu vieillotte des dessins animés qui ont bercé mon enfance), ça fait plutôt envie. Ca ressemble vraiment à de la BD filmée, ni film, ni film d'animation hyper chiadé façon Kung Fu Panda. Ca n'a pas l'air d'un produit calibré pour les enfants (note: quand dans une critique vous lisez qu'un film a "beaucoup plu aux enfants" fuyez).
Seul petit regret, la bouille de Tintin. Mais est-ce que j'aurais pu être satisfait par n'importe quel autre visage? Je n'en suis pas sûr du tout. Et quitte à transformer le reporter à la houppette en visage du quotidien, celui-là en vaut un autre. Peter Jackson avait prévenu, dans Empire en décembre: "avec la méthode d'animation utilisée, vous allez avoir des acteurs qui vont prétendre incarner Tintin et le Capitaine Haddock, pas coller au dessin d'Hergé. Cela va être quelque chose de complètement différent".

Le compliment que je vais faire à ces quelques secondes exprime tous les regrets engendrés par la genèse du projet: on dirait du Indiana Jones.

C'est en voyant Les aventuriers de l'arche perdue qu'Hergé, malade, avait décidé que ce serait à Spielberg qu'il confierait Tintin, et à personne d'autre. L'affaire a failli se faire dans les années 80, mais la mort d'Hergé en 83 et le flou artistique autour de sa succession (lire l'excellent ouvrage Tintin et les héritiers, d'Hugues Dayez à ce sujet) ont durablement retardé le projet. Spielberg refusa 6 projets d'adaptation vers 1985-6, Polanski, un temps intéressé, ne donna pas suite... Cette histoire de rendez-vous manqués a failli contribuer à muséifer totalement Tintin (voir le très bon article de Des bulles carrées sur la muséification de certains totems de la BD franco-belge).
Les commentaires qui valaient à l'époque nous laissent plein d'espoir pour la fin de l'année. "J'ai senti chez Spielberg un intérêt réel pour Tintin, et une volonté de créer quelque chose de joyeux avec du punch en essayant le plus possible de respecter les albums" expliquait à la fin des années 90 Alain Baran, ancien gestionnaire de Moulinsart dans les années 80.
Seul bémol: ça sort en 3D, ce qui n'était pas franchement nécessaire, vu le rendu plutôt sympathique des premières images. D'autant plus que la 3D ternit les couleurs, bien vives comme dans la BD originales sur ce qu'on a pu voir. Comme on dit maintenant, il sera aussi projeté en 2D "dans certaines salles".
Comme beaucoup de fans, j'irai voir le film dès sa sortie en salles. Avec, en arrière-pensée, l'idée de comparer Secret of the Unicorn à la version qu'aurait pu en faire Walt Disney s'il avait accepté la proposition de collaboration d'Hergé dans les années 50...
Pour en (sa)voir plus
- des captures haute définition sur Clone Web
- l'analyse détaillée de ce qu'on voit dans la bande-annonce sur Bulle Onomatopée (notamment la Licorne qui s'échoue dans le désert, sans doute une hallucination...)
- si on avait laissé faire Spielberg en 1982, le Capitaine Haddock aurait été joué par Jack Nicholson (c'est dans Tintin et les Héritiers). Finalement, on a eu droit à ça:
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