Reprendre une série comme Blake et Mortimer relève de la gageure. Pas commerciale, non, loin s'en faut. Il y a des toujours des naïfs qui, comme moi, déboursent leurs 13 euros pour chaque nouveau tome. Un nouveau opus à chaque fois un peu plus décevant que le précédent. Tout avait bien commencé avec L'Affaire Francis Blake, une bonne histoire d'espionnage tout à fait correcte, puis La Machination Voronov, à mon sens une des reprises les plus abouties de Jacobs. Les choses ont commencé à se gâter avec L'Etrange rendez-vous, honnête histoire sans plus, puis avec le calamiteux Les Sarcophages du Sixième Continent et le décevant Le sanctuaire du Gondwana. Léger mieux avec La malédiction des trente deniers (avec un sévère coup de mou dans le second tome). Et voilà que le nouveau scénariste Jean Dufaux annonce au blog de référence Blake Jacobs et Mortimer qu'il a l'intention de donner une suite à La marque jaune, en ressucitant (on ne sait trop comment) le Professeur Septimus. Titre de travail de l'album L'Onde Septimus.
Je suis du genre à hurler avec les loups dès qu'on remet en cause le patrimoine de la BD. Je l'ai fait (un peu vite) avec Gastoon, finalement pas si mal que ça. Mais là, pour Blake et Mortimer, j'ai de sérieux doutes. Ce n'est pas uniquement lié à la qualité décroissante des albums. A mon humble avis, c'est aussi que la matière sur laquelle les auteurs doivent s'appuyer est assez maigre. Combien d'albums Jacobs a-t-il réalisés de son vivant? 12 albums, et 8 histoires en tout (certaines aventures comptent 2 ou 3 tomes). C'est quand même très peu pour avoir un corpus de personnages suffisant pour arriver à varier les histoires. Aujourd'hui, avant la sortie des prochains albums, on compte 7 albums post-Jacobs, bientôt 9. Il n'est pas illusoire de penser que vers 2015-16, la série dérivée comptera plus d'albums que la série mère. Et c'est à mon avis un problème.
Si ressusciter Olrik à tous les albums fait partie du gimmick, Jacobs n'a pas eu le temps de créer des dizaines de méchants, ni même des dizaines de personnages. Tout scénariste voulant se raccrocher un tant soit peu au corpus jacobsien est tenté de déterrer systématique l'inspecteur Pradier, le savant maléfique Miloch, la brute Sharkey ou l'empereur jaune Basam Damdu. Or, les meilleurs albums sont ceux qui parviennent à prendre leurs distances avec les personnages secondaires que l'on connaît déjà. La Machination Voronov, à mon sens le meilleur de la série, se passe en Russie, un pays où Jacobs n'avait jamais envoyé ses deux héros. L'Affaire Francis Blake a été l'occasion pour Ted Benoît et Jean Van Hamme de créer le personnage de Honeychurch, l'adjoint de Blake au MI6... un personnage qui sera repris par l'autre équipe travaillant sur le projet. Je pense tout simplement que la matière va cruellement manquer, et que cette résurrection en cours de Septimus est symptomatique d'une quête de légitimité que les nouveaux albums ne pourront jamais tout à fait obtenir. Pire, quand il s'agit carrément de donner une suite à La Marque Jaune, l'Album avec un grand A de référence pour tous les fans de la série.
D'autant plus qu'une revisitation du thème de La Marque Jaune a déjà été faite par le duo Veys et Barral, dans son très drôle Menace sur l'Empire. Une série parodique qui a beaucoup plus de latitude à détourner les codes de la série mère, autrement plus que les aventures "sérieuses" publiées après Jacobs, comme engoncées dans un carcan.
Les autres expériences de revisitation d'une série de BD très connue ne souffrent pas du handicap de matière première laissé par l'auteur originel. Les "Spirou par" proposent une lecture différente par chaque auteur de l'univers du groom, et ça fonctionne très bien vu que le contrat de lecture est clair. La tentative (réussie) de Larcenet qui a revisité Valérian fait plus penser à l'esprit parodique de la série Philip et Francis : comme dans Menace sur l'Empire, Larcenet bulldozérise joyeusement les codes de la série de SF de Mézières et Christin. Je suis un peu plus mitigé pour le Lucky Luke d'Achdé (avec divers scénaristes), qui oscille entre le franchement bon en reprenant le principe de la série de Morris, un thème par album et on brode dessus, et le très moyen en voulant autoparodier une série déjà parodique par essence. Mais dans ces trois cas, la série originale comptait au moins vingt albums et une sacrée galerie de personnages secondaires. Ce qui n'est pas le cas de Blake et Mortimer. D'où mes craintes...
lundi 28 novembre 2011
jeudi 24 novembre 2011
Twitter inventé en 1982, la preuve!
Vous ne connaissez peut-être pas la série Valry Bonpain. Moi non plus jusqu'à ce que je découvre un album sur Ebay par hasard. Publiée au début des années 80 dans le journal Spirou, cette série policière en noir et blanc a des faux air de Jérôme K. Jérôme Bloche en saxophoniste. De facture assez classique (des petites histoires de 5-6 planches où se déroule l'intrigue), Valry Bonpain a deux particularités. La première, c'est qu'on a fait poser quelqu'un (un comédien?) pour une couverture de Spirou en 1982. C'est suffisamment rare pour être signalé qu'une photo soit en "une" du magazine de BD plutôt qu'un dessin. Et la seconde, c'est que les auteurs, Le Gall et Clément, ont deviné avant tout le monde la naissance de Twitter...
En l'occurence, il s'agit d'un tueur engagé par un club de gentlemen anglais un peu détraqués pour refroidir un particulier pendant la Saint-Sylvestre à Paris.
N'empêche que lues en 2011, avec le recul, ces cases sont savoureuses.
jeudi 3 novembre 2011
Quel tintinophile êtes-vous?
1- Vous êtes plutôt
a) un homme
b) une femme (c'était donc vous! Vous êtes ultra-minoritaire!)
2- Vous vous définiriez plutôt comme un tintinophile...
a) collectionneur
b) intellectuel
3- Si vous avez coché a) collectionneur, avez vous de grosses ressources pour assouvir votre passion, sachant que les produits dérivés et les originaux d'Hergé ne sont pas donnés?
a) Hélas non, il est loin le temps où on pouvait collectionner du Tintin sur les pots de moutarde. Heureusement que Spielberg a vendu les droits dérivés à MacDo et Carrefour plutôt qu'à Fauchon et la Tour d'Argent.
b) Oui, payer un T-Shirt estampillé Tintin 25 euros (le prix dans les Tintin Shop) ne me pose pas de problème.
4- Si vous avez coché b), combien de livres sur Tintin ont été écrits?
a) "Plus que sur tous les autres auteurs de BD" comme le dit Benoît Peeters, un des grands spécialistes de la Tintinophilie.
b) Environ 2 rayonnages de votre bibliothèque
c) Ca dépend. Approuvés par Moulinsart, ou sortis en loucedé sans avoir le droit aux illustrations des albums pour illustrer le propos?
5- Le film de Spielberg, vous avez décroché...
a) Dès le début: mais quel horreur ce nez de Haddock! Cette érudition superfétatoire de Tintin! Ce geste dédaigneux de Tintin qui jette des piécettes à Hergé sur le Vieux-Marché, comme si Spielberg s'affranchissait du poids de Moulinsart en rappelant qu'il a payé pour adapter (cette thèse est de Jean-Marie Apostolidès, lors d'une conférence au Centre Pompidou).
b) Vers 1h10 du film, autrement dit, avant le tunnel de bagarres/poursuites/explosions
c) Vous êtes resté jusqu'au bout et vous avez applaudi
d) De quel film parlez-vous?
6- Le fait que le jeune public va considérer que le vrai Tintin est celui du film et va trouver les albums d'Hergé mal dessinés...
a) Ca vous désole. Il ne faudrait pas oublier qui a inspiré qui. Et que la meilleure adaptation de Tintin restera toujours "L'Homme de Rio", une adaptation déguisée, mais très fidèle.
b) Vous êtes fataliste. Le plus important, c'est que Tintin reprenne pied dans la nouvelle génération biberonnée à Titeuf.
c) Vos enfants ont interdiction de voir le film tant qu'ils ne savent pas réciter par coeur les dialogues du Secret de la Licorne.
7- Le musée Hergé...
a) est un mausolée où la moyenne d'âge n'a rien à envier à celle de la messe du dimanche. "Il paraît qu'ils louent des enfants le mercredi" a ironisé le professeur à Stanford et tintinologue Jean-Marie Apostolidès au cours d'une conférence du Centre Pompidou.
b) est un superbe écrin mettant en valeur l'oeuvre d'Hergé
c) aurait dû être construit à Bruxelles comme c'était initialement prévu. Vous me voyez faire le déplacement jusqu'à Louvain-la-Neuve?
Question bonus : le tintinophile Benoît Peeters ressemble de façon frappante à...
a) Roger Federer dans quelques années
b) Fantômas
c) Tintin, mais sans la houppette
Solutions
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout. Vous êtes un lecteur appliqué.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout et il vous est arrivé de sourire. Vous êtes un tintinophile qui a le sens de l'humour. Vous n'êtes sans doute pas Nick Rodwell.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout et vous avez appris qu'un film "Tintin" était à l'affiche ces jours-ci. Vous vivez probablement reclus dans une grotte ou un monastère.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout en grommelant dans votre barbe. Vous ne seriez pas anglais, la soixantaine, et ayant épousé Fanny R. ?
Vous avez eu bon à la question bonus dont la réponse est Roger Federer. Soit vous avez utilisé Google, et je ne vous salue pas, soit vous connaissiez la réponse, et vous pouvez être assuré de ma reconnaissance éternelle.
a) un homme
b) une femme (c'était donc vous! Vous êtes ultra-minoritaire!)
2- Vous vous définiriez plutôt comme un tintinophile...
a) collectionneur
b) intellectuel
3- Si vous avez coché a) collectionneur, avez vous de grosses ressources pour assouvir votre passion, sachant que les produits dérivés et les originaux d'Hergé ne sont pas donnés?
a) Hélas non, il est loin le temps où on pouvait collectionner du Tintin sur les pots de moutarde. Heureusement que Spielberg a vendu les droits dérivés à MacDo et Carrefour plutôt qu'à Fauchon et la Tour d'Argent.
b) Oui, payer un T-Shirt estampillé Tintin 25 euros (le prix dans les Tintin Shop) ne me pose pas de problème.
4- Si vous avez coché b), combien de livres sur Tintin ont été écrits?
a) "Plus que sur tous les autres auteurs de BD" comme le dit Benoît Peeters, un des grands spécialistes de la Tintinophilie.
b) Environ 2 rayonnages de votre bibliothèque
c) Ca dépend. Approuvés par Moulinsart, ou sortis en loucedé sans avoir le droit aux illustrations des albums pour illustrer le propos?
5- Le film de Spielberg, vous avez décroché...
a) Dès le début: mais quel horreur ce nez de Haddock! Cette érudition superfétatoire de Tintin! Ce geste dédaigneux de Tintin qui jette des piécettes à Hergé sur le Vieux-Marché, comme si Spielberg s'affranchissait du poids de Moulinsart en rappelant qu'il a payé pour adapter (cette thèse est de Jean-Marie Apostolidès, lors d'une conférence au Centre Pompidou).
b) Vers 1h10 du film, autrement dit, avant le tunnel de bagarres/poursuites/explosions
c) Vous êtes resté jusqu'au bout et vous avez applaudi
d) De quel film parlez-vous?
6- Le fait que le jeune public va considérer que le vrai Tintin est celui du film et va trouver les albums d'Hergé mal dessinés...
a) Ca vous désole. Il ne faudrait pas oublier qui a inspiré qui. Et que la meilleure adaptation de Tintin restera toujours "L'Homme de Rio", une adaptation déguisée, mais très fidèle.
b) Vous êtes fataliste. Le plus important, c'est que Tintin reprenne pied dans la nouvelle génération biberonnée à Titeuf.
c) Vos enfants ont interdiction de voir le film tant qu'ils ne savent pas réciter par coeur les dialogues du Secret de la Licorne.
7- Le musée Hergé...
a) est un mausolée où la moyenne d'âge n'a rien à envier à celle de la messe du dimanche. "Il paraît qu'ils louent des enfants le mercredi" a ironisé le professeur à Stanford et tintinologue Jean-Marie Apostolidès au cours d'une conférence du Centre Pompidou.
b) est un superbe écrin mettant en valeur l'oeuvre d'Hergé
c) aurait dû être construit à Bruxelles comme c'était initialement prévu. Vous me voyez faire le déplacement jusqu'à Louvain-la-Neuve?
Question bonus : le tintinophile Benoît Peeters ressemble de façon frappante à...
a) Roger Federer dans quelques années
b) Fantômas
c) Tintin, mais sans la houppette
Solutions
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout. Vous êtes un lecteur appliqué.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout et il vous est arrivé de sourire. Vous êtes un tintinophile qui a le sens de l'humour. Vous n'êtes sans doute pas Nick Rodwell.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout et vous avez appris qu'un film "Tintin" était à l'affiche ces jours-ci. Vous vivez probablement reclus dans une grotte ou un monastère.
- Vous avez lu ce questionnaire jusqu'au bout en grommelant dans votre barbe. Vous ne seriez pas anglais, la soixantaine, et ayant épousé Fanny R. ?
Vous avez eu bon à la question bonus dont la réponse est Roger Federer. Soit vous avez utilisé Google, et je ne vous salue pas, soit vous connaissiez la réponse, et vous pouvez être assuré de ma reconnaissance éternelle.
dimanche 30 octobre 2011
Notre (grand) père la guerre
Jeudi, chez BD Net, il y avait une dédicace de Florent Silloray, qui signe chez Sarbacane un bouquin au titre équivoque : Le Carnet de Roger. Au premier abord, on dirait un mix entre le Journal d'Anne Franck et un Marc Lévy. En fait, il s'agit d'un livre réalisé à partir du carnet de bord de son grand-père pendant sa captivité en Allemagne, au cours de la Seconde Guerre Mondiale. Comme j'ai eu l'occasion de l'évoquer avec lui, si la bande dessinée a beaucoup traité le second conflit mondial, c'est une des premières fois qu'on aborde les souvenirs d'un prisonnier de guerre. Loin des Airborne 44 au réalisme stupéfiant de Jarbinet, loin du flegme de la Guerre d'Alan de Guibert (d'excellents bouquins), Le Carnet de Roger, c'est une BD sur 39-45 avec une seule page de bataille!
Loin d'Hollywood, mais bien plus proche des souvenirs qu'a pu vous confier un parent. D'abord l'attente de la drôle de guerre, la condition du trouffion moyen à l'affût d'un peu de rab' le midi, ensuite l'homme dépassé par le Blitzkrieg sur la France, et enfin le captif en Allemagne que seule sa famille n'a pas oublié. Paradoxalement, la lecture de l'album, m'a fait penser à La Grande Evasion. Dans le sens où ce que raconte Roger n'a rien à voir avec ce que Steve McQueen et consorts endurent dans leur camp. Dans le film, les soldats alliés peuvent cultiver des pommes de terre, faire pousser des fleurs, et ne sont pas astreints à des tâches éreintantes. Tout le contraire de Roger, qui troquera une captivité oisive mais dans des conditions épouvantables (nourriture pourrie, froid, et où on leur donne de beaux habits uniquement pour faire des photos pour rassurer leurs familles...) contre un passage dans une mine à ciel ouvert, mais où les prisonniers sont mieux traités. Collaboration? Non, réflexe de survie.
Le Carnet de Roger, c'est plus qu'un simple récit de guerre. Florent Silloray se met également en scène pour expliquer sa démarche. Avec la découverte de ce carnet dans un vieux carton, en 2002, à la mort de Roger, s'est engagée une véritable quête initiatique sur les traces de ce passé occulté que son grand père n'a (presque) jamais évoqué. L'auteur se rend en Belgique, en Allemagne, rencontre des témoins oculaires de la déportation de son grand-père. Le carnet se révèle un outil précieux: écrit d'une belle écriture serrée, au crayon à papier, il est à la fois formidablement précis (sur les conditions de vie dans le camp), et parfois assez vague (quant aux lieux de captivité).
Découvrez Le carnet de Roger, un journal de guerre signé Florent Silloray sur Culturebox !
Le carnet s'arrête en 1941. L'auteur se borne à émettre des hypothèses sur ce qu'a connu son grand père dans la seconde partie de la Seconde Guerre Mondiale. Ensuite, Roger se murera dans le silence. Comme tous les prisonniers de guerre, il incarne le visage de la défaite de 40 quand la France de 1945 se fantasme en résistante. Comme les prisonniers de guerre qui ne sont pas revenus amaigris et décharnés de leur captivité, Roger l'a joué encore plus profil bas. Et c'est tout à l'honneur de son petit fils d'avoir exhumé son histoire.
Le Carnet de Roger a été récompensé du Prix Coup de Coeur du festival Quai des Bulles, et c'est amplement mérité.
PS: à noter le blog de la BD, où Florent Silloray raconte par le menu les étapes de la création de l'album.
samedi 29 octobre 2011
Un ayatollah de la franco-belge juge le film "Tintin"
C'est toujours risqué de se faire une montagne d'un film qu'on attend. Voilà plusieurs mois que je bouillais d'impatience de voir ce "Tintin" porté sur grand écran. Je n'ai pas vu "Les Oranges Bleues" et "La Toison d'or", découragé par les mauvaises critiques qui décrivent ces films comme datés et mous. Ma référence dans ce domaine, ce sont plutôt les dessins animés Ellipse-Nelvana du début des années 90. Critiqués pour leur animation un peu cheap (toujours moins cheap que Goldorak et autres Ken le Survivant, avec leur 5 images par seconde), ces dessins animés ont marqué mon imagination. Pour moi, l'acteur qui prête sa voix à Tintin A la voix de Tintin. Idem pour Haddock. Je ne serai donc pas cet enfant qui a fait remarqué un jour à Hergé, suite à la sortie d'un dessin animé, que le Capitaine Haddock n'avait pas la même voix que dans la BD!
Le Grand Rex, la séance de 22h. Du monde. Des fans. Comme moi.
Bonne impression d'entrée. Le générique fait penser à celui d'"Attrape-moi si tu peux", un des meilleurs Spielberg des années 2000. J'apprécie beaucoup le clin d'oeil à Hergé, croqué en portraitiste du Vieux Marché de Bruxelles, qui tire le portrait à Tintin. Un hommage beaucoup plus discret que dans le film" Les Schtroumpfs" où les scénaristes enfilent leur gros sabot pour vanter l'oeuvre de Peyo. Il ne manquait qu'un bandeau : "en vente dans toutes les bonnes librairies" en bas de l'écran. Coup de coeur pour le brocanteur qui vend la Licorne à Tintin, et son faux air de Spielberg. L'animation est bluffante. Je ne sais pas si c'est l'écran du Grand Rex qui donne cette impression, mais on dirait que chaque poil de Milou est animé.
Le film souffre à la fois d'un trop grand respect à l'oeuvre originale et aux libertés qu'il prend ensuite. Les premières 20 minutes, où Tintin enquête tout seul après le cambriolage de son appartement et ensuite le vol de son exemplaire de la Licorne souffrent du fait que Tintin est seul avec Milou: ça soliloque beaucoup ! Ce qui passe bien en BD souffre de la transposition sur grand écran, d'autant plus que Milou n'apporte pas la réplique (alors que Jolly Jumper, dans le récent Lucky Luke avec Jean Dujardin, avait un regard décalé sur l'action très fidèle à la BD de Morris).
Les changements apportés dans le scénario pour la plus grand compréhension du spectateur américain (ou l'Européen qui, chose improbable, n'aurait jamais ouvert un album de Tintin de sa vie) ne m'ont pas trop dérangé. De bonnes trouvailles même, avec cette Bianca Castafiore comme arme secrète, la scène des Dupondt chez Filoselle, le gag du dortoir du Karaboudjan... Des initiatives très "tintino-compatibles" comme ces courses-poursuites à répétition. Relisez les premiers albums de Tintin, surtout dans leur version d'avant-guerre, pour saisir le sens du découpage d'Hergé et son côté échevelé et burlesque. Le procédé de tournage (la fameuse motion capture) leur donne un côté jeu vidéo, c'est vrai, mais visuellement, c'est quand même bluffant.
J'ai quand même un regret. Certes, je savais que le film était un condensé du Secret de la Licorne et du Trésor de Rackham le Rouge mâtiné d'un peu de Crabes aux Pinces d'Or. Mais sacrifier à ce point l'aventure maritime du second volet du diptyque de chasse au trésor (gros pincement au coeur: c'est mon album préféré), avec le professeur Tournesol, son sous-marin requin, l'île où s'est échoué le chevallier de Hadoque... A la fin du film, Tintin et Haddock découvrent une petite partie du trésor dans la statue de Saint-Jean, et une carte qui les mène vers un autre trésor. Or, c'est la fin du diptyque d'Hergé! Et la suite ne contiendra que quelques fractions du Trésor de Rackham le Rouge, pour introduire Tournesol dans Les Sept Boules de Cristal/ Le Temple du Soleil.
Du côté des personnages, on sent une volonté de respecter les héros d'Hergé tout en promettant un "Indiana Jones for kids". Et Tintin a un tout petit peu trop ce côté Indiana Jones à deux reprises. Beaucoup de gens ont tiqué sur son érudition quand il achète la Licorne, affirmant au brocanteur qu'elle date du XVIIe siècle. Mais c'est surtout quand, derrière l'épave de leur barque, Tintin tente d'abattre l'hydravion qui les canarde que ça m'a choqué. Sa réplique: "Capitaine, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Mauvaise nouvelle, il ne nous reste plus qu'une balle. Bonne nouvelle: il nous reste une balle". Et Tintin brandit son revolver, tire, et touche le réservoir de l'avion. Cette réplique ne vous a-t-elle pas fait penser à Indiana Jones et la Dernière Croisade qui abat un avion dans des circonstances similaires?
L'ayatollah de la franco-belge que je suis (encore que je me soigne, j'ai révisé mon jugement sur Gastoon, le neveu de Gaston ressuscité opportunément) a quand même beaucoup aimé le film. Pas au point de l'applaudir comme pas mal de monde dans la salle. Mais le respect de l'oeuvre est globalement là et surtout, surtout, surtout ce film a contenté l'amoureux de Tintin que je suis. C'est une variation sur l'oeuvre, pas une transposition trop appliquée. L'esprit y est respecté plus que la lettre, et c'est sans doute mieux ainsi.
PS : Ca ne peut pas être pire que la récente adaptation des Trois Mousquetaires, de toute façon...
PS 2: à voir, l'interview du doubleur de Tintin par Cloneweb!
Le Grand Rex, la séance de 22h. Du monde. Des fans. Comme moi.
Bonne impression d'entrée. Le générique fait penser à celui d'"Attrape-moi si tu peux", un des meilleurs Spielberg des années 2000. J'apprécie beaucoup le clin d'oeil à Hergé, croqué en portraitiste du Vieux Marché de Bruxelles, qui tire le portrait à Tintin. Un hommage beaucoup plus discret que dans le film" Les Schtroumpfs" où les scénaristes enfilent leur gros sabot pour vanter l'oeuvre de Peyo. Il ne manquait qu'un bandeau : "en vente dans toutes les bonnes librairies" en bas de l'écran. Coup de coeur pour le brocanteur qui vend la Licorne à Tintin, et son faux air de Spielberg. L'animation est bluffante. Je ne sais pas si c'est l'écran du Grand Rex qui donne cette impression, mais on dirait que chaque poil de Milou est animé.
Le film souffre à la fois d'un trop grand respect à l'oeuvre originale et aux libertés qu'il prend ensuite. Les premières 20 minutes, où Tintin enquête tout seul après le cambriolage de son appartement et ensuite le vol de son exemplaire de la Licorne souffrent du fait que Tintin est seul avec Milou: ça soliloque beaucoup ! Ce qui passe bien en BD souffre de la transposition sur grand écran, d'autant plus que Milou n'apporte pas la réplique (alors que Jolly Jumper, dans le récent Lucky Luke avec Jean Dujardin, avait un regard décalé sur l'action très fidèle à la BD de Morris).
Les changements apportés dans le scénario pour la plus grand compréhension du spectateur américain (ou l'Européen qui, chose improbable, n'aurait jamais ouvert un album de Tintin de sa vie) ne m'ont pas trop dérangé. De bonnes trouvailles même, avec cette Bianca Castafiore comme arme secrète, la scène des Dupondt chez Filoselle, le gag du dortoir du Karaboudjan... Des initiatives très "tintino-compatibles" comme ces courses-poursuites à répétition. Relisez les premiers albums de Tintin, surtout dans leur version d'avant-guerre, pour saisir le sens du découpage d'Hergé et son côté échevelé et burlesque. Le procédé de tournage (la fameuse motion capture) leur donne un côté jeu vidéo, c'est vrai, mais visuellement, c'est quand même bluffant.
J'ai quand même un regret. Certes, je savais que le film était un condensé du Secret de la Licorne et du Trésor de Rackham le Rouge mâtiné d'un peu de Crabes aux Pinces d'Or. Mais sacrifier à ce point l'aventure maritime du second volet du diptyque de chasse au trésor (gros pincement au coeur: c'est mon album préféré), avec le professeur Tournesol, son sous-marin requin, l'île où s'est échoué le chevallier de Hadoque... A la fin du film, Tintin et Haddock découvrent une petite partie du trésor dans la statue de Saint-Jean, et une carte qui les mène vers un autre trésor. Or, c'est la fin du diptyque d'Hergé! Et la suite ne contiendra que quelques fractions du Trésor de Rackham le Rouge, pour introduire Tournesol dans Les Sept Boules de Cristal/ Le Temple du Soleil.
Du côté des personnages, on sent une volonté de respecter les héros d'Hergé tout en promettant un "Indiana Jones for kids". Et Tintin a un tout petit peu trop ce côté Indiana Jones à deux reprises. Beaucoup de gens ont tiqué sur son érudition quand il achète la Licorne, affirmant au brocanteur qu'elle date du XVIIe siècle. Mais c'est surtout quand, derrière l'épave de leur barque, Tintin tente d'abattre l'hydravion qui les canarde que ça m'a choqué. Sa réplique: "Capitaine, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Mauvaise nouvelle, il ne nous reste plus qu'une balle. Bonne nouvelle: il nous reste une balle". Et Tintin brandit son revolver, tire, et touche le réservoir de l'avion. Cette réplique ne vous a-t-elle pas fait penser à Indiana Jones et la Dernière Croisade qui abat un avion dans des circonstances similaires?
L'ayatollah de la franco-belge que je suis (encore que je me soigne, j'ai révisé mon jugement sur Gastoon, le neveu de Gaston ressuscité opportunément) a quand même beaucoup aimé le film. Pas au point de l'applaudir comme pas mal de monde dans la salle. Mais le respect de l'oeuvre est globalement là et surtout, surtout, surtout ce film a contenté l'amoureux de Tintin que je suis. C'est une variation sur l'oeuvre, pas une transposition trop appliquée. L'esprit y est respecté plus que la lettre, et c'est sans doute mieux ainsi.
PS : Ca ne peut pas être pire que la récente adaptation des Trois Mousquetaires, de toute façon...
PS 2: à voir, l'interview du doubleur de Tintin par Cloneweb!
mardi 26 juillet 2011
Schtroumpf party
On va en bouffer, des Schtroumpfs.
La sortie du film d'animation a beau être prévue pour début août, les éditeurs n'ont pas attendu la fin de l'été pour ressortir des cartons de quoi éplorer le nostalgique, intéresser le collectionneur, surprendre l'érudit... ou occuper le terrain, ce qui n'est déjà pas mal.
Au rayon "patrimoine", citons la réédition du Schtroumpfissime, chef d'oeuvre parmi les chefs d'oeuvre de Peyo (et d'Yvan Delporte) agrémentée des commentaires d'Hugues Dayez. Joli format, belles couleurs, bonnes intentions... mais je suis resté sur ma faim, Dayez n'apportant pas grand chose à mon sens à l'album, si ce n'est quelques remarques pertinentes (je n'ai lu qu'ensuite sa biographie - magistrale - de Peyo, Peyo l'Enchanteur, qui elle vaut largement l'investissement). On sent les éditions Dupuis soucieuses de mettre en valeur leur patrimoine, à l'image des magnifiques intégrales qu'elles proposent jusqu'à présent (Gil Jourdan, Jerry Spring, et aussi Johan et Pirlouit), mais la matière manque pour enrober le seul Schtroumpfissime.
Toujours au rayon patrimoine, je me suis laissé tenter par l'exposition chez Artcurial (splendide hôtel particulier sur les Champs Elysées) sur Peyo. Plusieurs des pièces exposées sont à voir sur le site du Figaro, qui, lui, a eu le droit de faire entrer un appareil photo dans la salle... Une expo BD assez classique, avec planches originales, de temps en temps un coup de gomme ou un bout de scotch pour faire "authentique". C'est frappant de constater à quel point le dessin de Peyo est lisible, fluide, et que le crayonné effacé par l'encrage est pratiquement invisible. Le but est ici de montrer les différentes facettes de l'oeuvre de Peyo (son apolitisme, le côté musical de ses séries) à l'aide de planches. Tout ça donne l'impression d'un exposé bien maîtrisé, mais pas d'une expo dépassant l'exercice de style (un des meilleurs contre-exemples est pour moi celle réalisée autour de l'univers de Gaston à la Villette ou Tintin au Centre Pompidou). A la boutique du musée, je fais l'acquisition du livre d'Hugues Dayez que j'ai déjà cité, et en le lisant, je me rends compte que l'expo s'est largement inspiré de son travail.
Je passe vite fait sur le livre d'Antoine Bueno, Le Petit livre bleu, qui a rassemblé ce que les mauvaises langues disaient sur les Schtroumpfs, l'a agrémenté de travers que je ne soupçonnais pas (les Schtroumpfs facistes?), et en a tiré un petit opuscule qui cherchait surtout à faire polémique pour s'assurer un bon chiffre de ventes (l'intérêt scientifique ou démonstratif m'apparaît incertain).
Beaucoup de blogueurs ou de médias spécialisés ont répondu au polémiste, fort à propos à mon avis. Ce qui peut déboucher de positif de tout ça, c'est une analyse d'oeuvres de BD sur le fond, un traitement jusque là réservé au seul Tintin (avec une quantité d'ouvrage assez monumentale). J'attends le polémiste qui écrira qu'Astérix et Obélix voteraient Front National s'ils vivaient aujourd'hui, que George Bush a piqué sa politique étrangère à Buck Danny ou que Jérôme K Jérôme Bloche est à l'origine de la boboïsation du nord-est de Paris...
PS: un mot sur le film, qui est à la base de ce remue-ménage médiatique. Des images qu'on a pu voir jusqu'ici, j'en pense le plus grand mal. Je trouve aussi troublant que le concept de base soit très proche d'un film (tout aussi mauvais sur le papier) qui sort fin juillet: Mr Popper et ses pingouins, comprenez Jim Carey qui s'improvise éleveur de pingouins dans son loft de Manhattan.
Le principe est exactement le même: mettez des personnages virtuels dans un élément qui n'est pas le leur (New York, ou une autre ville américaine), faites interagir avec quelques autochtones, et le tour est joué.
Je ne vous mets pas la vidéo du jeu vidéo "Schtroumpf Party" sur Wii... Si, en fait, il faut le voir pour le croire...
Peyo, qui a engendré une fortune considérable en ayant pratiquement arrêté de dessiner dans les années 70, avait déjà revu le standard des histoires des Schtroumpfs à la baisse dans les années 80 avec l'arrivée des dessins animés d'Hanna-Barbera, un peu ce qu'est devenu Astérix sur les derniers albums. Avant de connaître un dernier sursaut avec Le Schtroumpf Financier, un album qui fait écho à ce qu'à pu être le meilleur de la série: une satire politique profonde, pointue et savoureuse.
PS 2: on m'apprend que Katy Perry a décidé d'arborer un look "Schtroumpfette" pour le film. Ca pique les yeux (source: Paris Match).
Les photosdu désastre du film par ici!
La sortie du film d'animation a beau être prévue pour début août, les éditeurs n'ont pas attendu la fin de l'été pour ressortir des cartons de quoi éplorer le nostalgique, intéresser le collectionneur, surprendre l'érudit... ou occuper le terrain, ce qui n'est déjà pas mal.
Au rayon "patrimoine", citons la réédition du Schtroumpfissime, chef d'oeuvre parmi les chefs d'oeuvre de Peyo (et d'Yvan Delporte) agrémentée des commentaires d'Hugues Dayez. Joli format, belles couleurs, bonnes intentions... mais je suis resté sur ma faim, Dayez n'apportant pas grand chose à mon sens à l'album, si ce n'est quelques remarques pertinentes (je n'ai lu qu'ensuite sa biographie - magistrale - de Peyo, Peyo l'Enchanteur, qui elle vaut largement l'investissement). On sent les éditions Dupuis soucieuses de mettre en valeur leur patrimoine, à l'image des magnifiques intégrales qu'elles proposent jusqu'à présent (Gil Jourdan, Jerry Spring, et aussi Johan et Pirlouit), mais la matière manque pour enrober le seul Schtroumpfissime.
Toujours au rayon patrimoine, je me suis laissé tenter par l'exposition chez Artcurial (splendide hôtel particulier sur les Champs Elysées) sur Peyo. Plusieurs des pièces exposées sont à voir sur le site du Figaro, qui, lui, a eu le droit de faire entrer un appareil photo dans la salle... Une expo BD assez classique, avec planches originales, de temps en temps un coup de gomme ou un bout de scotch pour faire "authentique". C'est frappant de constater à quel point le dessin de Peyo est lisible, fluide, et que le crayonné effacé par l'encrage est pratiquement invisible. Le but est ici de montrer les différentes facettes de l'oeuvre de Peyo (son apolitisme, le côté musical de ses séries) à l'aide de planches. Tout ça donne l'impression d'un exposé bien maîtrisé, mais pas d'une expo dépassant l'exercice de style (un des meilleurs contre-exemples est pour moi celle réalisée autour de l'univers de Gaston à la Villette ou Tintin au Centre Pompidou). A la boutique du musée, je fais l'acquisition du livre d'Hugues Dayez que j'ai déjà cité, et en le lisant, je me rends compte que l'expo s'est largement inspiré de son travail.
Je passe vite fait sur le livre d'Antoine Bueno, Le Petit livre bleu, qui a rassemblé ce que les mauvaises langues disaient sur les Schtroumpfs, l'a agrémenté de travers que je ne soupçonnais pas (les Schtroumpfs facistes?), et en a tiré un petit opuscule qui cherchait surtout à faire polémique pour s'assurer un bon chiffre de ventes (l'intérêt scientifique ou démonstratif m'apparaît incertain).
Beaucoup de blogueurs ou de médias spécialisés ont répondu au polémiste, fort à propos à mon avis. Ce qui peut déboucher de positif de tout ça, c'est une analyse d'oeuvres de BD sur le fond, un traitement jusque là réservé au seul Tintin (avec une quantité d'ouvrage assez monumentale). J'attends le polémiste qui écrira qu'Astérix et Obélix voteraient Front National s'ils vivaient aujourd'hui, que George Bush a piqué sa politique étrangère à Buck Danny ou que Jérôme K Jérôme Bloche est à l'origine de la boboïsation du nord-est de Paris...
PS: un mot sur le film, qui est à la base de ce remue-ménage médiatique. Des images qu'on a pu voir jusqu'ici, j'en pense le plus grand mal. Je trouve aussi troublant que le concept de base soit très proche d'un film (tout aussi mauvais sur le papier) qui sort fin juillet: Mr Popper et ses pingouins, comprenez Jim Carey qui s'improvise éleveur de pingouins dans son loft de Manhattan.
Le principe est exactement le même: mettez des personnages virtuels dans un élément qui n'est pas le leur (New York, ou une autre ville américaine), faites interagir avec quelques autochtones, et le tour est joué.
Je ne vous mets pas la vidéo du jeu vidéo "Schtroumpf Party" sur Wii... Si, en fait, il faut le voir pour le croire...
Peyo, qui a engendré une fortune considérable en ayant pratiquement arrêté de dessiner dans les années 70, avait déjà revu le standard des histoires des Schtroumpfs à la baisse dans les années 80 avec l'arrivée des dessins animés d'Hanna-Barbera, un peu ce qu'est devenu Astérix sur les derniers albums. Avant de connaître un dernier sursaut avec Le Schtroumpf Financier, un album qui fait écho à ce qu'à pu être le meilleur de la série: une satire politique profonde, pointue et savoureuse.
PS 2: on m'apprend que Katy Perry a décidé d'arborer un look "Schtroumpfette" pour le film. Ca pique les yeux (source: Paris Match).
Les photos
jeudi 21 juillet 2011
Quel consommateur de BD êtes-vous?
J'ai bien écrit "consommateur" et pas "amateur", car ici, c'est d'argent qu'on va causer, et de la manière la plus rationnelle de subvenir à sa passion du 9ème art.
Mon profil de consommateur de BD est plutôt à classer dans le "fan-de-classiques-qui-se-soigne-en-tentant-un-indé-de-temps-en-temps". Mon budget tourne autour des 100 euros mensuels (mais c'est souvent plus, surproduction oblige et intégrales coûteuses tombant comme à gravelotte). Et j'attends avec appréhension les mois de septembre-décembre, qui concentrent presque un bon tiers des sorties BD (pour 40% des ventes), là où mon porte-monnaie est mis à rude épreuve.
Face à la surproduction, point de salut... ou presque. Quand je me suis mis à acheter le magazine Case Mate, c'était pour me tenir au courant de ce qui arriverait sur les étagères de mon libraire. Surproduction aidant (et le fait que ma librairie de quartier n'est pas spécialisée, et que faire 30 mn de métro pour me rendre dans l'une d'elle ne m'excite que très moyennement), c'est devenu un outil pour ne pas rater une BD qui pourrait m'intéresser, mais que j'ai de grandes chances de rater. C'est ainsi que j'ai découvert il y a 2 ans A bord de l'Etoile Matutine de Riff Reb's, qui avait de grandes chances de me passer à côté sans cela.
Pour faire face à un certain appétit de BD, je me suis abonné au magazine Spirou. Qui propose beaucoup de BD que j'achète ("fan-de-classiques-qui-se-soigne-en-tentant-un-indé-de-temps-en-temps" on vous dit), mais aussi beaucoup de BD que j'aime lire sans les acheter (Les Tuniques Bleues, Marzi, Les démons d'Alexia etc...). Vous allez me dire que pour cela, il y la bibliothèque municipale et que c'est moins onéreux. Certes. J'y suis inscrit aussi, et je m'y rends régulièrement pour combler les trous béants de ma culture BD. A moins d'avoir quelques années de plus que moi, on n'a pas pu lire tout ce qu'il y avait d'intéressant
J'ai aussi tenté l'aventure de L'Immanquable... que j'ai laissé tomber au bout de 3 numéros. Pourquoi? Parce que les 2 histoires qui m'intéressaient étaient finies (Magasin Sexuel et le tome 2 de Philip et Francis), les autres histoires historiques, réalistes et un peu "héroic fantasy sexy" n'étant pas vraiment ma tasse de thé. Je m'y reconnaissait moins que Spirou (et pourtant Garage Isidore et Mélusine ont du mal à m'arracher un sourire tellement c'est répétitif).
La BD est un passe-temps qui peut coûter très cher. Je n'évoque même pas le marché de l'occasion qui peut aider à encombrer les étagères d'un passionné et aider les journalistes spécialisés et/ou les auteurs qui reçoivent un tas d'album gratos à arrondir leurs fins de mois.
J'ai eu l'occasion de discuter avec un passionné encore plus collectionneur que moi (25.000 BD au compteur) qui me disait que d'après lui, 10% de ce qui était publié était intéressant. Même en conservant ce chiffre, c'est impossible de lire les 500 albums dignes de ce nom (je dois lire une centaine de nouveautés par an, en comptant les prépublications dans Spirou et ce qui me tombe sous la main à la bibliothèque). Le blog Comptoir de la BD avait proposé d'arrêter toute production pendant un an histoire que critiques et lecteurs aient le temps de juger plus les albums, ne soient pas obligés de subir un calendrier des nouveautés démentiel. C'est une métaphore (comment les auteurs vivent pendant ce temps?), mais je ne serai pas contre. L'été, période où les éditeurs tournent au ralenti, offrent un léger répit. Je vais en profiter pour relire les Valérian, tiens...
Mon profil de consommateur de BD est plutôt à classer dans le "fan-de-classiques-qui-se-soigne-en-tentant-un-indé-de-temps-en-temps". Mon budget tourne autour des 100 euros mensuels (mais c'est souvent plus, surproduction oblige et intégrales coûteuses tombant comme à gravelotte). Et j'attends avec appréhension les mois de septembre-décembre, qui concentrent presque un bon tiers des sorties BD (pour 40% des ventes), là où mon porte-monnaie est mis à rude épreuve.
Face à la surproduction, point de salut... ou presque. Quand je me suis mis à acheter le magazine Case Mate, c'était pour me tenir au courant de ce qui arriverait sur les étagères de mon libraire. Surproduction aidant (et le fait que ma librairie de quartier n'est pas spécialisée, et que faire 30 mn de métro pour me rendre dans l'une d'elle ne m'excite que très moyennement), c'est devenu un outil pour ne pas rater une BD qui pourrait m'intéresser, mais que j'ai de grandes chances de rater. C'est ainsi que j'ai découvert il y a 2 ans A bord de l'Etoile Matutine de Riff Reb's, qui avait de grandes chances de me passer à côté sans cela.
Pour faire face à un certain appétit de BD, je me suis abonné au magazine Spirou. Qui propose beaucoup de BD que j'achète ("fan-de-classiques-qui-se-soigne-en-tentant-un-indé-de-temps-en-temps" on vous dit), mais aussi beaucoup de BD que j'aime lire sans les acheter (Les Tuniques Bleues, Marzi, Les démons d'Alexia etc...). Vous allez me dire que pour cela, il y la bibliothèque municipale et que c'est moins onéreux. Certes. J'y suis inscrit aussi, et je m'y rends régulièrement pour combler les trous béants de ma culture BD. A moins d'avoir quelques années de plus que moi, on n'a pas pu lire tout ce qu'il y avait d'intéressant
J'ai aussi tenté l'aventure de L'Immanquable... que j'ai laissé tomber au bout de 3 numéros. Pourquoi? Parce que les 2 histoires qui m'intéressaient étaient finies (Magasin Sexuel et le tome 2 de Philip et Francis), les autres histoires historiques, réalistes et un peu "héroic fantasy sexy" n'étant pas vraiment ma tasse de thé. Je m'y reconnaissait moins que Spirou (et pourtant Garage Isidore et Mélusine ont du mal à m'arracher un sourire tellement c'est répétitif).
La BD est un passe-temps qui peut coûter très cher. Je n'évoque même pas le marché de l'occasion qui peut aider à encombrer les étagères d'un passionné et aider les journalistes spécialisés et/ou les auteurs qui reçoivent un tas d'album gratos à arrondir leurs fins de mois.
J'ai eu l'occasion de discuter avec un passionné encore plus collectionneur que moi (25.000 BD au compteur) qui me disait que d'après lui, 10% de ce qui était publié était intéressant. Même en conservant ce chiffre, c'est impossible de lire les 500 albums dignes de ce nom (je dois lire une centaine de nouveautés par an, en comptant les prépublications dans Spirou et ce qui me tombe sous la main à la bibliothèque). Le blog Comptoir de la BD avait proposé d'arrêter toute production pendant un an histoire que critiques et lecteurs aient le temps de juger plus les albums, ne soient pas obligés de subir un calendrier des nouveautés démentiel. C'est une métaphore (comment les auteurs vivent pendant ce temps?), mais je ne serai pas contre. L'été, période où les éditeurs tournent au ralenti, offrent un léger répit. Je vais en profiter pour relire les Valérian, tiens...
Inscription à :
Articles (Atom)







